Pourquoi s’organiser avec Notion quand on est autrice

Je vais être honnête tout de suite : s’organiser quand on est autrice, ce n’est pas un délire de control freak ni une lubie de productivité à l’américaine. Si c’était juste ça, je serais la première à lever les yeux au ciel et à passer mon chemin.

Le problème, c’est qu’écrire, ce n’est pas “juste” écrire. C’est penser à des histoires en permanence, noter des idées qui débarquent sans prévenir, gérer des projets à différents stades, anticiper des sorties, encaisser des corrections, communiquer autour de ses livres… le tout pendant que la vraie vie continue de tourner autour. Et à un moment, ça commence à faire beaucoup à porter dans une seule tête.

Si tu es comme moi, ton cerveau fonctionne en arborescence. Une idée en amène une autre, puis une autre encore, et ça part dans tous les sens. C’est une force énorme pour créer, mais sans un minimum de cadre, ça devient vite épuisant. Pas parce que tu écris trop, mais parce que tout reste ouvert en même temps.

C’est là que Notion entre en jeu. Pas comme une solution miracle, ni comme un outil magique qui va tout régler d’un coup, mais comme un endroit où ton bazar créatif peut enfin se poser. Un espace pour respirer un peu, et pour écrire avec plus de légèreté.

Si tu n’avances pas, ce n’est pas parce que tu manques de motivation

Si tu traînes un peu sur les réseaux (et ne te cache pas, on le fais tous), tu as forcément déjà vu passer ce genre de discours : si tu n’avances pas, c’est que tu manques de discipline, si ton roman stagne, c’est que tu n’es pas assez motivée, si tu voulais vraiment écrire, tu trouverais le temps. Dit comme ça, tout paraît simple… et franchement culpabilisant.

Sauf que dans la vraie vie, le problème n’est presque jamais l’envie d’écrire. La plupart des autrices ont envie. Très envie. Le vrai souci, c’est tout ce qui gravite autour de l’écriture et qui s’accumule sans structure. Les idées, les projets, les obligations, les “il faudrait”, les “je devrais”, tout ça se mélange et finit par peser lourd.

Quand tu es autrice, tu ne gères pas qu’un texte en cours. Tu jongles avec plusieurs projets, des corrections, des sorties à anticiper, de la communication, parfois un autre boulot, parfois une famille, souvent les deux. Et tout ça cohabite dans la même tête, sans compartiment clair. À force, ce n’est pas la motivation qui lâche, c’est l’énergie.

Résultat, tu passes plus de temps à penser à ce que tu devrais faire qu’à écrire réellement. Tu doutes, tu culpabilises, tu te demandes pourquoi tu n’avances pas “comme il faudrait”, alors que le problème n’est pas ton manque de volonté, mais la surcharge mentale constante. Et forcément, l’écriture finit par ressembler à une lutte, au lieu d’être cet espace de respiration que tu cherches.

Le vrai ennemi, ce n’est pas le désordre, c’est l’éparpillement invisible

On confond souvent être désorganisée et être saturée, alors que ce n’est pas du tout la même chose. La plupart des autrices que je croise ne sont pas “bordéliques”, elles sont juste en surcharge permanente. Trop d’idées, trop de projets, trop de choses à penser en même temps, sans endroit clair pour poser tout ça.

Les idées arrivent quand elles veulent, les projets s’accumulent, certains avancent, d’autres stagnent, d’autres attendent leur tour, et rien n’est jamais vraiment fermé. Les deadlines sont notées quelque part, parfois sur un carnet, parfois dans un agenda, parfois juste dans la tête, ce qui est clairement la pire option. Résultat : même quand tu écris, ton cerveau continue de tourner en arrière-plan, parce qu’il a peur d’oublier.

Le souci, c’est que le cerveau créatif n’est pas fait pour stocker. Il est fait pour imaginer, relier, ressentir. Quand on lui demande aussi de servir de disque dur et de to-do list géante, il fatigue, lentement mais sûrement. Et à force, l’écriture devient lourde, pas parce que tu n’aimes plus écrire, mais parce que tout le reste prend trop de place.

Notion : pas pour être productive, mais pour poser ton bazar

Quand on parle de Notion, on pense souvent à un outil froid, technique, un peu “business”, et franchement, vu comme ça, ça ne fait pas rêver. Sauf que pour une autrice, Notion n’a rien d’un outil de performance. C’est surtout un endroit où poser ce qui encombre la tête.

À la base, Notion, c’est une page blanche. Tu peux y déposer tes idées, tes projets, même ceux qui sont flous ou en pause, sans avoir à décider tout de suite quoi en faire. Juste le fait de savoir que tout est posé quelque part, de fiable, change énormément de choses. Ton cerveau arrête de tout retenir “au cas où”, et ça libère de l’espace.

Tu peux partir de zéro ou t’appuyer sur une base déjà pensée pour l’écriture, peu importe. L’important, ce n’est pas la méthode, c’est d’avoir un espace qui te soutient, pas un système rigide qui te rajoute de la pression. Un bon outil, ou un bon template, c’est une fondation, pas une prison.

S’organiser ne tue pas la créativité, ça lui redonne de l’air

Beaucoup d’autrices ont peur que l’organisation tue la spontanéité. Et cette peur vient souvent d’une organisation subie, imposée, trop rigide, qui ne respectait pas leur façon de fonctionner. Forcément, dans ces conditions, ça bloque plus que ça n’aide.

La vraie différence, elle est là : une organisation choisie ne cherche pas à te normaliser, elle vient juste soutenir ce que tu es déjà. Quand ton système est clair, même simple, quelque chose se détend. Tu sais que tes idées sont notées, que tes projets ont une place, que rien ne va disparaître si tu lâches prise.

Résultat : tu écris plus librement, parce que ton cerveau n’est plus occupé à tout retenir en même temps. L’organisation ne te dit pas comment écrire, elle enlève juste les frictions inutiles autour.

Ce que ça change vraiment au quotidien

Très concrètement, Notion te donne une vision claire de ce que tu fais vraiment. Tu vois tes projets, leur état, leur avancement, et ça change beaucoup de choses, parce que tu arrêtes de te raconter que tu n’avances pas alors que ce n’est pas vrai.

Ça te permet aussi d’avancer même quand l’écriture ralentit. Parce qu’écrire, ce n’est pas toujours produire des mots. Parfois, tu réfléchis, tu ajustes, tu prépares, et tout ça fait partie du travail. Le voir posé noir sur blanc enlève énormément de culpabilité.

Et puis il y a la constance. Pas une constance forcée, mais une continuité douce. Tu sais où tu vas, même si tu n’y vas pas tous les jours à la même vitesse, et ça, sur le long terme, ça change tout.


Petit exercice (vraiment petit, promis)

Prends cinq minutes. Note tout ce qui te passe par la tête quand tu penses à ton activité d’autrice : projets, idées, trucs à faire, envies mises de côté. Sans trier, sans organiser.

Regarde ensuite cette liste et observe ce que ça te fait. Soulagement ? Fatigue ? Vertige ? Ce ressenti est souvent très révélateur. Pas besoin de décider quoi que ce soit après. Juste prendre conscience de ce que tu portes déjà.

Souvent, c’est à ce moment-là qu’on réalise que le plus lourd, ce n’est pas l’écriture, mais le fait de tout garder dans sa tête.


S’organiser, ce n’est pas se trahir

S’organiser ne te transforme pas en quelqu’un d’autre. Tu restes une autrice intuitive, sensible, créative. Le cadre n’est pas là pour t’enfermer, mais pour te soutenir quand l’énergie baisse ou que le doute s’invite.

Écrire, ce n’est pas un sprint, c’est une traversée. Et avoir un système souple, qui respecte ton rythme, c’est souvent ce qui permet de durer sans s’épuiser. Pas pour en faire plus, mais pour continuer, longtemps, et avec plus de sérénité.

S’organiser n’est pas une obligation. C’est un choix. Un choix de te respecter, de reconnaître que ton énergie n’est pas infinie et que porter tout toute seule n’est ni une preuve de talent ni une vertu.

L’organisation, quand elle est bien pensée, devient un soutien discret à ton écriture. Et si elle peut t’aider à écrire plus librement, plus longtemps, sans t’épuiser, alors elle mérite peut-être qu’on s’y attarde autrement.

CET ARTICLE T'A PLU ? N'HÉSITE PAS À LE PARTAGER

CATEGORIES

LES DERNIERS ARTICLES

RESSOURCES OFFERTES

À propos

CGV

Crédits Photo

Copyright © 2026 Esquiss'Plume